Analyse des réponses

Nous tenons tout d’abord à remercier les candidats tête de liste qui ont pris le temps de répondre à notre questionnaire.

Toutes les réponses ont été mises en ligne ville par ville, à l’état brut, voir la page « Résultats par ville ». Libre donc à chacun d’aller consulter les réponses et d’en tirer ses propres conclusions sur tel ou tel candidat. Les réponses des candidats tête de liste figurant dans les questionnaires sont des promesses écrites mais absolument rien ne dit qu’elles seront effectives si le candidat est élu. A vous donc de rester vigilants aussi bien dans l’appréciation des réponses délivrées que dans le suivi des engagements du candidat une fois élu. De leur côté, les Amis de la Terre Gironde seront extrêmement attentifs à la mise en œuvre (ou pas) des engagements pris aujourd’hui par les heureux élus de demain. Nous laisserons également tout un chacun tirer ses conclusions sur les candidats n’ayant pas souhaité répondre.

Pour les Amis de la Terre Gironde, la bonne réponse à toutes les questions est : OUI. Mais, nous avons fait le choix de ne pas délivrer de bonnes et mauvaises notes aux différents candidats et avons choisi de faire une analyse globale des réponses obtenues. Voici les principaux enseignements que nous pouvons tirer :

Sur 58 candidats tête de liste des 22 communes de Gironde de +10 000 habitants à qui le questionnaire a été adressé, nous n’avons obtenu que 38% de réponses malgré de très nombreuses relances. Ce taux de retours, relativement correct pour ce type d’exercice, révèle cependant une tendance générale au désintérêt pour les questions écologiques. Tout au moins pour beaucoup de candidats l’écologie ne constitue pas une vraie priorité. Voir la liste des candidats n’ayant pas souhaité ou pris le temps de répondre…

Si on considère les 46 questions par questionnaire et les 22 questionnaires reçus, nous avons un total de 78% de OUI. Ce fort taux de « OUI » n’est pas très étonnant , car au delà des réserves exprimées plus haut sur la notion de promesse, il est fort probable que les candidats ayant pris la peine de répondre ont une sensibilité marquée pour les questions écologiques. Enfin, une partie des candidats ayant répondu à notre questionnaire aura sans doute (et sans surprise) compris qu’ils seraient mieux « placés » en répondant OUI. Nous suivrons évidemment la mise en œuvre de leurs engagements. Les réponses, quoi qu’il en soit, sont donc à prendre avec des pincettes.

1. Les mesures « Mais oui pas de problème, ça sera mis en place ! » (= + de 70 % de oui)

La plupart des mesures concernant l’urbanisme a recueilli un taux élevé de oui : densifier la ville, arrêter la consommation d’espaces agricoles et naturels et l’extension des grandes surfaces commerciales, favoriser la relocalisation des activités (services et commerces de proximité) ainsi que les filières courtes (ex : AMAP). Cela peut paraître étonnant quand on sait que le problème de l’étalement urbain ne cesse de s’accroître. La mise en place d’une politique de végétalisation ou l’essor des jardins partagés font également consensus.

Concernant les questions énergétiques, deux mesures rassemblent les candidats : l’optimisation de l’éclairage public et le soutien aux ménages en situation de précarité énergétique.

Les six questions traitant des transports ont connu un véritable engouement : de nombreux plans de déplacements (entreprises, administrations, scolaires) devraient voir le jour, tout comme les aménagements piétons et cyclistes, des Transports en commun en site propre de qualité et des services dédiés aux vélos et à l’intermodalité (ateliers vélo participatifs, vélo école, …). Même le passage en zone 30 recueille plus de 80 % de oui ! D’ici six ans, nous ne devrions donc plus être confrontés aux nombreuses nuisances pour l’environnement, la santé et la sécurité générées par les transports motorisés en général et la voiture individuelle en particulier…

Idem pour les pulvérisations aériennes de pesticides puisque 73 % des candidats ayant répondu sont prêts à s’y opposer. Sur l’eau, la grande majorité des candidats s’accorde sur la mise en oeuvre dès 2015 d’un plan d’actions « zéro pesticide » dans les espaces publics et de mesures d’économies d’eau (détection des fuites, sensibilisation des habitants, etc.).

Sur la qualité de l’air, les candidats sont également prêts à mieux alerter les habitants lors des pics de pollution (informations dans les établissements scolaires et maisons de retraite, affichage dans les lieux publics) et à instaurer des actions préventives (inviter à suspendre les activités sportives à l’école et dans les clubs et associations sportives, enclenchement de plans de déplacement spécifiques). Pour la qualité de l’air intérieur, la plupart des candidats s’engage à élaborer une politique ambitieuse dans les espaces publics notamment auprès des crèches et des écoles (aide à la réalisation des travaux, choix des matériaux, etc.) ainsi qu’un plan de prévention auprès des particuliers.

Du côté des déchets, les engagements sont nombreux et consensuels : réduire la quantité de déchets organiques dans les ordures ménagères en développant le compostage et le lombricompostage

individuel et collectif, soutenir toute initiative de type ressourceries/recycleries, ateliers

de réparation et d’auto-réparation, etc. ce qui permet de favoriser la récupération, la réparation et le réemploi, accompagner les entreprises de la commune dans leurs démarches de réduction des déchets, mettre en place des partenariats avec les commerçants afin de réduire la distribution de sacs plastiques, développer les actions pour limiter le gaspillage alimentaire.

Les mesures sur la publicité recueillent aussi une très large majorité d’avis favorables : respect du code de l’environnement ou du Règlement Local de Publicité (RLP), pas d’augmentation voire réduction du nombre de mobilier urbain publicitaire, limitation maximum de la quantité de supports publicitaires au profit de supports d’informations municipales. Un bémol néanmoins sur le degré d’ambition du Règlement Local de Publicité (communal ou intercommunal). Si le RLP devient trop ambitieux avec par exemple une limitation drastique voire la suppression de la publicité papier et l’interdiction de la publicité lumineuse, le pourcentage de oui descend à 64 %.

Pour presque tous les candidats, cela ne fait aucun doute, l’exemplarité financière de la commune sera au rendez vous : instauration de clauses environnementales et éthiques pour les achats publics de la commune ainsi que pour ses appels d’offre, utilisation de critères d’éco-conditionnalité pour définir le programme d’aides et financements octroyés par la ville (aux entreprises, aux associations, aux particuliers, aux bailleurs sociaux…), conduite d’une politique d’investissements transparente et responsable du point de vue écologique et social (choix de banques éthiques, placements financiers, emprunts, etc.).

Même si ces nombreuses promesses font la quasi unanimité, elles requièrent un suivi attentif et sont sans aucun doute à surveiller de très près notamment dans leurs modalités de mise en œuvre.

2. Les mesures « Euh, … C’est pas évident, on verra » (entre 35 et 70 % de oui)

L’inscription de la commune dans une démarche de territoire à énergie positive visant un objectif de réduction maximum des besoins par la sobriété et l’efficacité énergétiques et de couvrir les besoins restant par les énergies renouvelables ne convainc pas tout le monde. Tout comme le soutien aux initiatives citoyennes de projets collectifs de production d’énergies renouvelables.

Les avis sont également partagés sur le passage à au moins 70 % de repas bio favorisant les produits locaux et de qualité (labels) dans la restauration collective gérée par la commune.

La reconquête de l’agriculture en ville n’est pas gagnée non plus, puisque que seulement 50 % des candidats s’engagent sur des objectifs d’installation et/ou de maintien d’exploitations agricoles/viticoles biologiques ou pratiquant l’agro-écologie.

Les avis sont partagés sur l’instauration d’une tarification progressive de l’eau avec une gratuité pour les besoins élémentaires et les usages vitaux et un coût progressif sur les mésusages. C’est le cas également pour les déchets et la mise en œuvre d’une tarification incitative.

Le soutien à l’instauration d’une monnaie locale fait également débat.

3. Les mesures « c’est pas encore pour demain » (= – de 35 % de oui)

Deux mesures, pourtant simples à mettre en œuvre, efficaces sur le plan environnemental, et ne suscitant pas a priori d’opposition de la part des administrés, ont été majoritairement refusées.

L’abonnement à un fournisseur d’électricité d’origine 100 % renouvelable convainc une minorité de candidats (seulement 27 % de oui). À l’heure où les énergies renouvelables semblent faire l’unanimité, il est surprenant que cette proposition pourtant assez consensuelle soit autant contestée.

Enfin, c’est l’introduction d’un seul repas végétarien par semaine dans les menus de la restauration collective de la commune qui génère le plus de refus. C’est même la seule mesure qui recueille plus de non (45%) que de oui (32%)…

Voir également le Communiqué de presse des Amis de la Terre Gironde